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Découvrons maintenant le côté sombre du romantisme avec ce magnifique poème noir de Théophile Gautier, À travers les soupirs, les plaintes et le râle.
À travers les soupirs, les plaintes et le râle – Théophile Gautier (extrait)
À travers les soupirs, les plaintes et le râle
Poursuivons jusqu’au bout la funèbre spirale
De ses détours maudits.
Notre guide n’est pas Virgile le poète,
La Béatrix vers nous ne penche pas la tête
Du fond du paradis.
Pour guide nous avons une vierge au teint pâle
Qui jamais ne reçut le baiser d’or du hâle
Des lèvres du soleil.
Sa joue est sans couleur et sa bouche bleuâtre,
Le bouton de sa gorge est blanc comme l’albâtre,
Au lieu d’être vermeil.
Un souffle fait plier sa taille délicate ;
Ses bras, plus transparents que le jaspe ou l’agate,
Pendent languissamment ;
Sa main laisse échapper une fleur qui se fane,
Et, ployée à son dos, son aile diaphane
Reste sans mouvement.
Plus sombres que la nuit, plus fixes que la pierre,
Sous leur sourcil d’ébène et leur longue paupière
Luisent ses deux grands yeux,
Comme l’eau du Léthé qui va muette et noire,
Ses cheveux débordés baignent sa chair d’ivoire
À flots silencieux.
(Vous pouvez utiliser l’image ci-dessus pour vos besoins personnels (blog, vidéo) à deux conditions : 1 – ne pas la modifier; 2 – créer un lien vers mon blog. Images stock utilisées : modèle : http://liam-stock.deviantart.com, ailes: http://della-stock.deviantart.com, arrière-plan : Roman Klementschitz, Wikimedia Commons).
Ai-je besoin de présenter Tarja Turunen, l’ex-chanteuse du célèbre groupe de métal symphonique finlandais Nightwish ? La diva du métal ? Je viens d’écouter son nouvel album What Lies Beneath et je dois avouer en toute franchise – mes amis, c’est un vrai coup de cœur ! C’est donc avec un grand plaisir que nous allons ouvrir la rubrique musicale de ce blog par un article sur cet excellent album.
D’abord, la présentation. Le coffret de What Lies Beneath est d’une esthétique à la fois sobre et élégante. Sur la couverture, le regard volontaire de Tarja perce l’obscurité. Ici, noir est couleur, et c’est, d’ailleurs, la couleur dominante. Voilà qui donne le ton. À l’intérieur du coffret, nous découvrons deux CDs. Noirs, eux aussi. Pas de problème, jusqu’ici, tout est cohérent. Le premier CD contient 11 chansons, inédites, pour la plupart. Quant au contenu du deuxième… eh bien, il y a quelque confusion ici car la description sur la pochette ne colle pas avec le contenu du CD. Ici, nous allons nous intéresser au premier CD car c’est celui qui a le plus d’intérêt.
La première chanson, Anteroom of Death, est vraiment étrange, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est une sorte de musique expérimentale, c’est Alice au Pays des Merveilles version goth. L’idée n’était pas inintéressante, mais, parfois, trop d’originalité tue l’originalité, et le résultat final n’est pas très convaincant. Heureusement, le reste de l’album n’a rien à voir avec la première chanson, et, par la suite, ce qui attend un amateur de métal symphonique et gothique, c’est cinquante minutes de pur bonheur !
L’album contient 3 singles, tous très récents, dans l’ordre, Until My Last Breath en 2e position, I Feel Immortal en 3e position et Falling Awake en 9e position. Les vidéos des trois chansons sont disponibles sur le site officiel de Tarja (ici). Until My Last Breath est une chanson épique, très inspirée, bien caractéristique du style de musique où la diva du métal excelle. I Feel Immortal est une chanson plus lyrique, plus intime, plus profonde. Difficile de l’écouter sans émotion, c’est beau à pleurer ! Les paroles sont également très poétiques. Bref, un vrai coup de cœur.
Par la suite, les chansons plutôt lyriques alternent avec des morceaux plus sombres, et l’effet ainsi produit renforce l’expérience inoubliable qu’est la découverte de What Lies Beneath. En 4e position, nous trouvons la chanson la plus sombre de l’album, In For A Kill. Ici, l’ambiance est très différente par rapport aux trois précédentes. Nous nous retrouvons dans une sombre forêt, poursuivis par un implacable tueur… Une chanson à glacer le sang, réalisée avec un grand talent.
Je ne vais pas faire la liste de toutes les chansons (vous la trouverez ici), mais mentionnons Underneath et The Archive of Lost Dreams , deux très belles chansons lyriques dans le même style que I Feel Immortal ; Dark Star, où Tarja chante en duo avec Phil Labonte, une chanson qui se rapproche un peu du Death Metal ; Falling Awake, que j’ai déjà mentionné, avec Joe Satriani comme invité spécial, et, pour finir, Crimson Deep, avec Will Calhoun à la batterie. Terminer l’album par Crimson Deep est un excellent choix car il s’agit là d’une magnifique chanson, profonde, émotionnellement intense, lyrique et épique à la fois. C’est le genre de chansons dont Tarja seule a le secret.
(Wikimedia commons, auteur : ReyBrujo)
Avec What Lies Beneath, Tarja nous confirme encore une fois que son statut de diva du métal n’est nullement usurpé. La puissance de sa voix, la force de l’émotion qu’elle transmet à travers ses chansons et sa maitrise irréprochable de différentes techniques de chant la place clairement parmi les chanteuses de rock/métal les plus talentueuses de sa génération.
What Lies Beneath est le deuxième album que Tarja réalise en solo, après My Winter Storm sorti en 2007 (sans compter The Seer). Il est intéressant de constater l’évolution de la chanteuse depuis sa rupture avec Nightwish en 2005, car What Lies Beneath est bien différent de My Winter Storm.
Le premier album de Tarja était, certes, de qualité, et contenait quelques très belles chansons, comme I Walk Alone, The Reign, Our Great Divide, Die Alive, Oasis, Damned and Divine et autres, mais on sent bien que, après sa rupture avec Nightwish, Tarja se cherchait. Avec What Lies Beneath, ça a bien changé. Maintenant, Tarja affiche sa volonté d’aller de l’avant et de (re)conquérir son public. Elle a bien raison, elle a tout pour ça, nous lui souhaitons donc d’avoir le succès qu’elle mérite.
Ensuite, les thèmes. Le nom de Tarja Turunen a toujours été associé avec les thèmes mythologiques et fantastiques (en particulier le médiéval-fantastique). Là où les fans de Tarja risquent d’être un peu surpris (mais pas trop déçus, j’espère), c’est qu’avec What Lies Beneath, elle semble s’éloigner de ces thèmes pour explorer plutôt des sujets plus existentiels comme la peur, le mensonge, l’illusion, l’espoir, la quête de la vérité. Dans cet album – très bien nommé, soit dit en passant – Tarja met en scène son univers intérieur, marqué par la souffrance, le doute, la solitude, mais également le désir de persévérer face à l’adversité.
Finalement, le style musical. My Winter Storm était une ballade, plutôt lyrique, réalisée dans la pure tradition du rock/métal symphonique. What Lies Beneath est, globalement, plus sombre et plus profond, avec des références très clairement “gothiques” – je veux dire par là empruntées au métal gothique. La musique est, sans conteste, plus proche du métal symphonique, mais elle fleurète également avec les styles plus durs. Bref, par rapport à My Winter Storm, What Lies Beneath est clairement plus intense et dramatique, même si certaines chansons conservent un caractère plutôt lyrique.
J’ai remarqué que les critiques ont réservé à What Lies Beneath un accueil plutôt froid. Ah, tiens, pour quelle raison, donc ? En gros, les critiques peuvent être regroupées en deux catégories.
L’originalité. Il est vrai que, de par les thèmes qu’il aborde, le dernier album de Tarja fait penser à Fallen d’Evanescence. Rien que les titres des chansons sont évocateurs. Fallen : Going Under, Bring Me to Life, My Immortal, Taking Over Me, My Last Breath ; What Lies Beneath : Until My Last Breath, I Feel Immortal, Underneath, Falling Awake etc. Bon, d’accord, c’est bien les mêmes thèmes. Mais peut-on reprocher à Tarja d’avoir copié qui que ce soit ?
Pour ma part, la réponse est non. Ces illustres messieurs critiques de rock semblent oublier un point fondamental (à moins qu’ils n’aient d’autres raisons de dénigrer Tarja, maintenant qu’elle continue sa carrière en solo, des raisons plus politiques, disons). C’est, par exemple, comme si on reprochait à un poète d’écrire sur le thème de la solitude, sous prétexte que d’autres ont déjà traité ce sujet. Oui, et alors ? Chaque artiste est unique, et il exprime ce qu’il ressent de la manière qui lui est propre. C’est d’autant plus vrai pour Tarja, dont la voix ne peut être confondue avec nulle autre. Elle a trop de talent et de personnalité pour avoir besoin de copier qui que ce soit.
D’accord, l’expérimentation musicale n’est pas le point fort de Tarja, et alors ? Imaginez que tout l’album ait été semblable à la première chanson ? Oui, What Lies Beneath est un album de métal symphonique et gothique très “classique”, et alors ? Ça n’enlève rien à ses qualités. Disons que l’artiste est plutôt dans une phase de consolidation qu’une phase d’innovation.
Le rock/métal gothique est tel un continent à peine découvert, dont seule une petite partie a été explorée. Le métal gothique et symphonique étant des styles très proches, tels des vases communicants, il est normal que les chanteuses aussi talentueuses que Tarja cherchent à explorer les passerelles entre ces deux styles. Mais avant de se lancer dans l’inconnu, encore faut-il avoir des bonnes bases, et c’est exactement ce que Tarja est en train de faire avec What Lies Beneath, à savoir, établir des standards, poser les bases.
La deuxième critique concerne l’accompagnement musical. Là, il est vrai qu’on peut émettre certaines réserves. La musique dans What Lies Beneath est correcte, adaptée, mais sans plus. Tout tient essentiellement sur l’inimitable voix de Tarja. Autre observation, l’utilisation des chœurs n’est probablement pas toujours optimale. Les chœurs constituent l’arme ultime dans l’arsenal d’un groupe de métal symphonique. Ce sont les chœurs qui, correctement utilisés, permettent de conférer à une chanson un souffle épique et dramatique incomparable. D’ailleurs, Tarja a déjà fait appel à un chœur dans My Winter Storm, entre autres, dans l’excellente chanson Die Alive. Remarquez comment le chœur masculin transforme cette chanson, créant un élément de suspense. Dans What Lies Beneath, par contre, les chœurs sont utilisés d’une manière un peu moins convaincante.
Enfin, tout ça ne sont que des points de détail qui ne gâchent en rien l’excellente impression que laisse What Lies Beneath, et c’est là mon mot de la fin !
Aden V. Alastair
Artiste/Groupe : Tarja Turunen
Titre : What Lies Beneath
Sortie : Septembre 2010
Style : métal symphonique, métal gothique
Points forts : inimitable voix de Tarja Turunen, chansons profondes et très intenses émotionnellement.
Ma conclusion : excellent album que je recommande sans réserve à tous les amateurs de métal symphonique, rock/métal gothique et rock alternatif.
Et voici maintenant un extrait d’un très beau poème romantique de Victor Hugo, À celle qui est voilée. Pourquoi avoir choisi de commencer notre blog par ce poème d’amour ? Parce qu’il illustre parfaitement l’essence même du romantisme, le côté dramatique de ce style de poésie, le mystère, l’affrontement entre lumière et ténèbres, la recherche d’espoir au milieu de la tourmente.
J’espère que ce poème vous plaira ! Bonne lecture, et n’hésitez pas à laisser des commentaires !
À celle qui est voilée – Victor Hugo (extrait)
Sors du nuage, ombre charmante.
Ô fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !
Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !
Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;
Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !
(Vous pouvez utiliser l’image ci-dessus pour vos besoins personnels (blog, vidéo) à deux conditions : 1 – ne pas la modifier; 2 – créer un lien vers mon blog.)
Dans cette rubrique, nous parlerons du mystère des cathédrales, de l’architecture gothique et autres sujets liés aux époques antique et médiévale.
Cette rubrique sera consacrée aux photos, l’art digital et la photomanipulation. Vous POUVEZ utiliser ces images pour vos besoins personnels, non commerciaux (sites, vidéo, etc.) sans avoir à demander l’autorisation, à condition de respecter les règles établies par l’auteur. Consultez la description des photos pour plus de détails. Pour une utilisation autre (par des organisations ou dans un but commercial) un accord écrit est nécessaire.
Ici, nous parlerons principalement de musique classique et du rock / métal symphonique. Comme nous allons le voir, de par les thèmes qu’il aborde, le métal symphonique s’inspire largement du romantisme, en parler sur ce blog sera donc, à notre avis, tout à fait pertinent.
La poésie et le romantisme sont-ils démodés, dépassés, obsolètes, ringards ? Malheureux, ne crois surtout pas ça ! La poésie romantique connaît en ce moment une véritable renaissance, et cette tendance n’est pas prête de s’inverser ! Pourquoi s’en étonner ? La poésie est immortelle, car, de même que la musque, n’est-elle pas le chemin le plus direct vers l’âme ?
Certes, l’âme romantique est vulnérable, et elle ne peut s’empêcher de souffrir dans le monde contemporain, dominé par la froide logique productiviste, marchande et consumériste. Cependant, cette vulnérabilité n’est pas une faiblesse. Au contraire, c’est la plus grande force du romantique, c’est son épine dorsale, la source de son énergie vitale. Non, le romantisme n’est pas une tare, comme pourraient le penser certains esprits sous-développés. C’est un don, que nous aurions tort de ne pas cultiver.
Et puis, il ne faut pas oublier que la poésie peut également avoir une utilité, disons, pratique. Lorsque vous avez quelque chose d’important à dire à quelqu’un qui vous est cher, quelle meilleure manière que de le faire avec un poème soigneusement choisi pour l’occasion ? Déclarer votre flamme à votre bienaimé(e), faire la paix avec votre meilleur(e) ami(e), souhaiter un joyeux anniversaire, ou même dire adieu à un proche décédé. Bien évidemment, il faudra choisir le poème avec soin, et nous espérons que, avec le temps, il y aura suffisamment de poèmes sur ce blog pour que vous puissiez trouver votre bonheur, quels que soient vous goûts et la circonstance pour laquelle vous voulez utiliser le poème.